En route vers une nouvelle vie.

 

   Quand en novembre 2000 j'ai appris que j'allais devoir vivre  sous dialyse, je me suis demandé comment j'allais pouvoir supporter ce traitement.

Après quelques séances en hôpital où j'avoue je n'avais pas trop le moral, j'ai commencé mes dialyses à l'AURAD Aquitaine.  La contrainte d'être branché trois fois par semaine s'adoucissait. Le rapport avec le personnel soignant, les patients, l'environnement,  me rendaient la dialyse supportable. Sans oublier que mon épouse a pu connaître la façon dont je vivais ma maladie et  être partie prenante.

Suite à quelques problèmes de santé, j'ai demandé à bénéficier de la dialyse quotidienne. Ce changement de rythme m'a tout de suite convenu.

Trois jours dans une antenne, trois jours dans une autre. Des patients et infirmières différents, des nouvelles amitiés, des conversations différentes….

Il faut dire que pour nous les jours de dialyse étaient des séances de rire. Beaucoup d'humour entre nous, la maladie restait toujours derrière. Il faut savoir que pendant ces 7 années d'autres malades ont bénéficié d'une greffe et qu'une fois par an au moins nous nous retrouvons tous dans un de nos bons restaurants de la région. C'est toujours un plaisir de nous revoir.

Et puis le 4 août 2007, alors que je ne l'attendais pas car je devais refaire quelques examens, un greffon ! D'abord hésitant,  je pars et me retrouve sur la table d'opération. Réveil difficile, je me suis demandé comment j'allais gérer ma nouvelle vie. Car effectivement ma vie sociale allait changer. Je n'irai plus tous les jours à la rencontre d'autres personnes mais j'allais rester chez moi.

Mais plus aucune inquiétude, aujourd'hui après 6 mois de greffe je suis en train de vivre pour la deuxième fois. 

Les journées ne sont pas assez longues pour vaquer à mes nouvelles occupations. J'ai de nouveaux centres d'intérêts. J'ai envie de bouger, de prendre soin de ma personne. Enfin pouvoir partir en vacances sans aucune contrainte.

Avant, j'étais souvent fatigué. Je me sentais différent. J'ai toujours eu une vie sociale  bien remplie et le fait d'être limité en boisson, de ne pouvoir manger de tout (attention au potassium, au phosphore...), vous met un peu à l'écart dans les soirées. D'ailleurs je n'appréciais plus vraiment les sorties en groupe.

Aujourd'hui je n'arrêterais pas de voir du monde, de  m'occuper, ne plus rester sur le canapé parce que l'on est épuisé. Pour moi c'est la liberté !

Mes 7 ans de vie en dialyse sont derrière moi, mais les gens que j'ai connus et fréquentés feront toujours partie de ma nouvelle vie. Régulièrement, je passe leur dire un petit bonjour et je garde contact avec quelques patients et infirmières.

Comment vivre et apprécier des personnes pendant 7 ans et les laisser sous prétexte que notre vie change ?

Je souhaite à tous les patients de connaître ce moment de bonheur, qui je l'espère durera le plus longtemps possible, pour moi et pour tous ceux qui sont greffés ou dans l'attente d'une transplantation.

Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour faire un clin d'oeil à mes amis de Talence et de Gradignan.

                                                                                                      Alain